: Fortitude: Île de Ré

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mercredi 10 décembre 2014

Compostelle - un entraînement de plus, un!

Aujourd'hui, quel sale temps sur la côte atlantique: paysage noyé de pluie ou de bruine, pas de visibilité, sol hyper trempé, ciel bas, gris et menaçant, mer verdâtre sous ciel gris. C'est l'occasion d'inaugurer mon équipement anti-pluie, car le ciel est de mon côté (comme d'habitude): poncho et guêtres. Ça urge d'ailleurs, à peine la voiture garée à U à Rivedoux, le crachin se met à dégringoler. D'abord, je commence à m'emmêler dans le poncho, mais bon, je m'en sors. Les guêtres, avec leur fermeture éclair, sont faciles à mettre. Puis le crachin a tourné à la bonne pluie régulière, mais pas d'averse. Allez, du coeur au ventre, allons en direction de la Flotte dont j'apprécie particulièrement le bord de mer. Pour les photos, c'est raté. Agréable sensation de chaleur sous mes épaisseurs hydrofuges. C'est déjà ça, j'ai horreur du froid, et ce n'est pas bon pour les muscles. À un moment, j'ai si chaud que je ressens un peu de moiteur... En route, en route, je passe devant les ostréiculteurs de la Flotte qui travaillent d'arrache-pied: la marée est basse. Les tracteurs s'activent sur l'estran. Peu de vent. C'est pour ça que j'ai pris la côte Est de l'île, car la météo avait prévu du vent d'ouest et de la pluie... je ne me voyais pas 7h durant avec le vent dans le nez ou dans le dos, alors itinéraire habituel. Chemins un peu défoncés et gadoueux, mais à aucun moment, je ne glisse. De faire des exercices d'équilibre en stretching doit être positif pour mon équilibre personnel... je voyais hier soir à l'entraînement que je m'en sortais mieux dans ces exercices.
Bon, trêve de plaisanterie, après une pause de la part de la pluie, elle remet ça. Je suis super bien protégée, ça roule. Je marche à 4km5 de l'heure, c'est bien! (comme dirait Éric, dans H, une série avec Éric et Ramzy, je sais, la référence date un peu, fin des années quatre vingt dix si je ne m'abuse. En tout cas, c'est rigolo, pas prétentieux et on ne se prend pas le crâne pour comprendre les intrigues, c'est déjà ça). 
Le sac à dos est bien lourd; pour faire du poids, j'ai pris mon appareil photo et son téléobjectif de 300 mm, en plus de mon matos habituel pour la journée. Pour les oiseaux, c'est cuit, ils sont partis en migration vers le soleil (les veinards), et puis il fait un temps peu engageant, je n'ai même pas eu droit à un de ces ciels de traîne extraordinaires que nous avons souvent ici. Pas d'arc-en-ciel non plus. À dégager les couleurs aujourd'hui. Je ferai avec.
Super, quand je me pose à Saint-Martin au chaud devant une bonne soupe de poissons, j'ai fait juste 13,5 km soit la moitié de la distance impartie, et ce, en trois heures.
L'après-midi, la pluie, en évacuant l'île, a laissé une tripotée de nuages derrière elle. Et soudain, miracle: il y a eu du soleil 10 mn! Un soleil blanc, mais soleil quand même. 
Pour garder mon énergie, je grignote des gâteaux, du gingembre confit. J'ai testé pour vous: le thé chaud Lapsang souchong plus gingembre confit. Ça marche pour l'énergie. Le côté sucré et épicé du gingembre est intéressant allié au goût fumé du thé. Il faut aimer, bien évidemment, mais ça m'a bien requinqué. Assise sur une souche en vue du Fort de la Prée (Merci Vauban, évidemment), je me suis refroidie vite fait à faire cette collation. Muscles refroidis plus fatigue égale reprise un peu relou. 
Une société d'artisans de restauration historique est en train de remonter le mur de défense côté Rivedoux avec des pierres blanches de la Vienne. Çe sera juste sublime une fois terminé. 
Je suis passée par bois et fougères pour éviter la route 735 un peu bruyante et bitumée (dur, dur pour les pieds qui commencent à fatiguer)



Je suis arrivée sur le bord de mer près d'un arrêt de bus. restop (à environ 16h30) car là, je soupçonne mon itinéraire botanique de m'avoir rallongée, le corps se rappelle à moi. Et je commence à me traîner sur les 3 derniers kilomètres.
Arrivée à la maison, je regarde le podomètre: 28km20 au lieu des 26-27 prévus. Et je me demandais pourquoi j'étais fatiguée...

jeudi 13 novembre 2014

Compostelle - Un pas en avant dans l'endurance... de 27 km

Dans mes entraînements, l'île de Ré demeure une de mes cibles favorites. Encore hier, je n'ai pas été déçue.
J'ai garé ma voiture près de l'Abbaye des Châteliers:
Abbaye des Châteliers, commune de la Flotte en Ré
superbe abbaye du XIIème siècle qui domine les champs alentours. Le temps était de la partie, mais ça ne durera pas. Je retrouve avec joie la petite ville de la Flotte, avec son joli front de mer. La mer baissait, je ne distinguais pas encore les parcs à huîtres. Sur le sentier littoral:


de très belles couleurs, nous sommes gâtés en ce mois de novembre assez doux.
Le problème c'est que mes pansements me lâchent, je suis blessée aux deux chevilles et ce... de sparadrap de qualité de foire qui ne tient pas. Obligée d'attendre Saint Martin de Ré pour trouver une pharmacie. Tant pis, on y croit, on avance, on essaie de ne pas trop penser à la peau qui rougit jusqu'à saigner...
Et puis, pas de bol, au premier arrêt nécessaire, je balance mon podomètre... dans la cuvette des toilettes. Ça part bizarre, cette journée de marche quand même. Vite je le récupère, les composants électroniques et l'eau ça fait deux, faut faire gaffe. En même temps, je rigole. Arrivée à Saint-Martin:


Le temps commence à changer, je risque de prendre la flotte. Mais la nature en a décidé autrement. Même si je reçois quelques gouttes, elle me gratifie de cette image:


L'arc-en-ciel! Je reprends espoir. Mes chevilles sont réparées, j'ai échappé à la trombe d'eau qui fait rage quelques kilomètres plus loin, je me réjouis, tout en pensant que je ne serais peut être pas veinarde comme ça dans la journée...
Grande ballade sur les fortifications Vauban. Quel as ce Vauban, quand même! Vue sur le très joli petit port de Saint-Martin:


et je poursuis sur le sentier littoral où se succèdent les cabanes à huîtres et crustacés. Je trouve de belles souches:

Elle est majestueuse celle-là.
Je poursuivis ainsi vers La Couarde, ça y est j'ai fait la moitié du temps que je voulais consacrer à la marche, je regarde le podomètre, il m'indique 13-14 km pas terrible, terrible, tant pis, je verrais bien.
pause casse-croûte.
Le vent se lève en rafales. J'ai l'idée de regarder derrière moi, voilà ce que je découvre:

Ça va secouer, me dis-je, hop, hop, hop, c'est le moment de s'y remettre d'un bon pas et tant pis pour la pluie, qui me paraît inévitable. Petit à petit, les nuages noirs me rattrapent et me doublent. Quelques gouttes.
Stupeur.
Le passage nuageux s'en va plus à l'est, entre les terres vendéennes et l'île.
Perturbation typiquement charentaise sur l'estran
Au retour, j'ai l'occasion d'admirer la rade de Saint-Martin avec des couleurs très particulières

L'océan prend souvent cette couleur sous le ciel gris
Il y a un nombre d'arbres foudroyés incroyable sur le chemin, ça fait de belles souches!


Je retrouve Saint-Martin sous le soleil:


Saint-Martin de Ré

Je commence à sentir mes jambes et tout le bas du corps, ça fait 21 km que je marche. Je décide de m'arrêter à la Flotte, je tomberai pile poil à l'heure du thé et j'ai repéré un café ouvert sur le port. En attendant, sur la route, voici un détail vintage:

Dodoche
Last but not least, je tombe sur un héros:

Plaque commémorative à la mémoire de Nicolas Martiau, ancêtre de Georges Washington
Né sur l'île de Ré en 1591, Nicolas Martiau est de confession calviniste. Il devient ingénieur et part à Londres. Là, il parle anglais couramment et entre au service de Lord Hutington, qui recherche quelqu'un pour gérer ses terres de Virginie. Nicolas part en Virginie; le 11 mai 1620, il embarque pour les Amériques sur le "Francis Bonaventure", qui a devancé le célèbre "Mayflower". (Nous les Français, on les a coiffés au poteau, les British ahaah). Il a l'idée de protéger les villages des colons des attaques des Indiens en édifiant des palissades, faites de poteaux qui se touchent et se tiennent. Comme ceux qu'on voit dans les westerns! Il épouse une dame Jane Berkeley, leur fille Élisabeth a elle-même une petite fille, Mildred, qui sera la mère de Georges Washington.
Quel héros! Respect!
À la Flotte, je me prends une Grimbergen rouge bien méritée.
Un spectacle étonnant m'attendait à l'Abbaye des Châteliers, voyez plutôt:

L'Abbaye des Châteliers, derniers rayons du soleil couchant sur fond de perturbation atmosphérique

J'ai échappé encore à cette perturbation! C'était la troisième. En conclusion:



il y a des petits miracles dans la vie.
À une autre fois!