: Fortitude: terrorisme

Translate

Affichage des articles dont le libellé est terrorisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est terrorisme. Afficher tous les articles

dimanche 20 novembre 2016

Anti-terrorisme et nouvelles technologies

Quand les nouvelles technologies s'allient aux hommes dans la lutte anti-terrorisme

Les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 sont une occasion de se poser une question et une seule: qu'avons-nous appris en un an sur le sujet terrorisme?

Je suis partie en quête de réponse durant la journée intitulée "les Rencontres des Acteurs publics" 2016 et ayant pour thème "Sécurité intérieure: hommes et technologies", qui ont eu lieu le 9 novembre dernier à l'École militaire à Paris, sous les auspices de l'INHEJS, c'est à dire l'Institut national des hautes études de la justice et de la sécurité. Pour plus d'infos, voir:
https://www.inhesj.fr/fr



Ce jour-là coïncidait avec la proclamation du nom du quarante cinquième président des États-Unis, l'émotion était grande dans l'amphithéâtre Foch, bref, avec le thème de la journée et les commémorations du 13 novembre se profilant, l'ambiance était particulière.

En effet, l'élection présidentielle américaine a été une démonstration frappante de la faillite des TIC dans le domaine de l'analyse prédictive, quel beau terme n'est-ce pas, ça fait super branché, bref de l'incapacité de ces techniques pour prédire ce qui va se passer, même pour des évènements on ne peut plus couverts par tous les types de réseaux d'informations possibles et imaginables. Exit le Big Data, exit les analyses en tout genre. Bref ce fut un camouflet monstrueux.

Mais quand même!
*Est-ce que les nouvelles technologies, Big Data, biométrie, intelligence artificielle, associées aux qualités et compétences des différents corps chargés de la sécurité, ne devraient-elles pas nous éviter ces évènements funestes? Pourquoi ça ne nous protège pas, tout ce déploiement de forces et de techniques?
*Alors que le Big Data offre à l'humanité une somme jamais vue d'informations sur des millions de gens, comment expliquer l'impuissance de cette collecte monstrueuse de données dans la prévision des violences?

(NB: vous vous souvenez? Il y a un an et demi, j'avais écrit un article sur le Big Data, côté commercial.
Je vous le remets en lien: 
refermons la parenthèse)

A- Constat

Les Acteurs publics ont commandé un sondage réalisé par l'IFOP et EY fondé sur la question: parmi les acteurs suivants, auquel faites-vous le plus confiance dans la lutte anti-terrorisme? en premier? Et en second?

EY - Sondage exclusif : 75 % des Français favorables au rétablissement du service militaire obligatoire
Sources: IFOP/Acteurs Publics
http://www.acteurspublics.com/2016/11/08/sondage-exclusif-plus-de-8-francais-sur-10-souhaitent-un-pacte-renforce-entre-forces-de-securite-et-citoyens

B- Le cas de la Justice

Le mauvais chiffre de la Justice, 3%, m'interpelle en tant qu'auxiliaire judiciaire. En effet, la Justice est affligée de plusieurs maux:
-mauvaise image: c'est une institution technocratique,
-coopération internationale souvent déficiente: au niveau européen, un processus de dislocation est en cours et les souverainetés nationales s'opposent souvent à la transmission d'informations sensibles.
-peines ineffectives suite au mécanisme de remise des peines: un condamné à 10 ans de prison n'en fera que 6 ou 7 en réalité.
-or, l'institution joue un rôle essentiel dans les problèmes rencontrés par les rescapés et les familles des victimes d'attentats. Il s'agit d'un contentieux de masse, les parties civiles sont extrêmement nombreuses, et, pour traiter tous ces dossiers, la Justice manque de moyens et de greffiers, principalement. Or, les procédures des parties civiles jouent un rôle important dans le processus de deuil.
bref, souvent, la Justice a mauvaise presse, alors que cette institution est au coeur de la lutte contre le terrorisme et les cyberattaques. Et pourtant, l'apport judiciaire est loin d'être négatif, il est souvent mal connu et mal perçu.
La centralisation des enquêtes et des jugements des actes terroristes est propre au système français. On trouve même plus de synergie entre la Justice et la DGSI, par rapport à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, par exemple.
L'arsenal législatif de notre pays n'a rien à envier à quiconque. En effet, quand on voit les mesures qui ont été prises par les USA dans la foulée du 11 septembre, mise au secret, tortures, Guantanamo, et autres Abou-Ghraib, ces mesures n'ont absolument pas produits les effets escomptés, tout en posant des problèmes de fond au régime démocratique du pays.
Selon le juge Jean-Louis Bruguière, le système judiciaire manque de réactivité. Ce manque s'ajoute à une coopération internationale difficile, car la France a souvent affaire à des pays qui ne sont pas touchés par ce terrorisme et donc qui n'ont pas besoin de lois sécuritaires.

Nos institutions affrontent des crimes complexes lors des attentats. Mais le fond reste toujours le même, technologies ou non: la criminalité s'associe à un bras armé, dans le seul but de nuire. Des organisations criminelles se mettent au service les unes des autres, et ce processus est favorisé par les facilités transfrontalières et transversales offertes par les nouvelles technologies.

C- Le retour au service militaire obligatoire et l'instauration d'une garde nationale plébiscités

75% des interrogés sont pour le retour au service militaire obligatoire.
Objection Votre Honneur: étant donné qu'il a été vendu une grande partie des casernes, est-ce que ce plébiscite restera à l'état de voeu pieux?
Les effectifs de la Garde nationale se montent à 28 000 engagés pour un objectif fixé à 40 000 en 2018. Les 2/3 viennent de la société civile et l'âge moyen est de 37 ans.
Il existe d'autres "réserves" comme
-la Réserve opérationnelle: beaucoup d'anciens policiers la composent
-la Réserve citoyenne: cette réserve a acquis ses lettres de noblesse; un exemple? lors de l'accident de la German Wings, ce sont deux commandants de bord réservistes qui ont participé aux recherches et à l'analyse subséquente.
De plus on observe un très fort accroissement des candidatures aux fonctions policières, qui se sont montées à 35 000 cette année.

D- Et la sécurité privée?

Les chiffres la concernant sont faibles: peu de gens accordent leur confiance aux acteurs privés de la sécurité: 2% en premier et 5% au total.
Pourtant, souvent, les premiers arrivés sur les lieux d'une attaque terroriste sont les vigiles privés à pied arrivant des structures avoisinantes qui les emploient.
L'émergence de la coopération entre forces de l'ordre et acteurs du secteur privé ne date pas d'hier. Un cadre juridique a été posé dès 1983 (loi), qui a été approfondi plus tard en 1995 (autre loi).
De même, le nombre de personnels privés est important: 150 000 (à comparer avec les 250 000 que comptent les forces de l'ordre).
Des organismes paritaires se sont mis en place comme:
-le COFIS: le comité de la filière industrielle de sécurité, voir lien ci-dessous:
http://www.gouvernement.fr/comite-de-la-filiere-industrielle-de-securite-cofis
-l'ANSSI: l'Agence Nationale pour la sécurité des systèmes d'informations, voir lien ci-dessous
http://www.ssi.gouv.fr/
La sécurité privée joue un rôle majeur dans la sécurisation des secteurs industriels sensibles et dans la protection des salariés en mobilité dans des pays ou régions dangereux. Les personnels privés impliqués dans ce secteur sont souvent d'anciens spécialistes issus de la police nationale ou de la gendarmerie, le cas de Jean-Louis Fiamenghi, ancien patron du RAID, chef de la sécurité chez Veolia, en est un exemple connu.

De ce fait la collaboration  entre forces de l'ordre et acteurs privés a donné naissance à une logique de "coproduction" dans le domaine de la sécurité.


La sécurité informatique n'étant pas un moindre domaine.
Le 21 octobre dernier, une cyber-attaque généralisée s'est déroulée à travers les objets connectés.
Les entreprises françaises sont l'objet d'un véritable pillage informatique des données.
Le cyber-front existe réellement, et il ne s'agit plus de hackers isolés qui travaillent dans leur grenier. C'est une image totalement dépassée, même si elle est télégénique. Nous sommes en face de réseaux extrêmement bien équipés et collaboratifs au service d'organisations criminelles transnationales.
C'est le secteur de la santé qui est la cible privilégiée des attaques. Sur le Darknet, les données santé valent 100 fois plus cher que les données de cartes de crédit.
Pour l'instant, peut-on résister à une cyber-attaque? La réponse est non, car, la plupart du temps, les réseaux informatiques privés comme publics ont une mauvaise architecture. Nous subissons environ une vingtaine d'attaques graves par an.

Puis...
Un sondage a également été fait au sein des personnels de police et de gendarmerie concernant l'impact des nouvelles technologies sur leur travail.

Désolée, elle n'est pas super claire, je l'agrandis









Prenons l'exemple des contrôles routiers, effectués par les gendarmes entre la France et la Belgique après le 13/11/15, il leur suffisait juste de taper le numéro d'immatriculation des voitures sur leur terminal embarqué pour, 5 mn après, avoir la réponse des fichiers des préfectures concernées, alors qu'il y a quelques années, il fallait tenir compte, pour avoir une information, des heures d'ouvertures des préfectures, de la bonne volonté des employés... bref ce qui prenait plusieurs jours se fait en quelques minutes.
De même, dans les cas de vidéosurveillance, les ordinateurs analysent les films, repèrent les anomalies et permettent aux personnels de se concentrer sur ces anomalies, au lieu de devoir passer en revue des heures et des heures de vidéos.
Cette transformation numérique du travail de sécurité est particulièrement avancée dans la gendarmerie.

E- Cependant, il ne faudrait pas oublier le rôle des collectivités territoriales dans le domaine de la sécurité.

Dans ce domaine, il y a un souci: la France compte 34 000 communes, un chiffre supérieur à celui de la Chine et du restant l'Europe!
Philippe Houillon, député-maire de Pontoise a eu une opinion nuancée sur l'engouement des citoyens à l'égard des forces de l'ordre et de la sécurité. En effet, selon la loi de 2007, "le maire est le coordonateur de la prévention de la délinquance dans sa commune". Mais les gens ont peur des représailles en cas de dénonciation d'infractions. Ce phénomène est très important et limite donc la participation des citoyens à leur propre sécurité. De plus, le maire n'a guère de moyens de répondre la mission que lui fixe la loi.
Pour Robert Herrmann, président de l'Eurométropole de Strasbourg et adjoint au maire, en charge de la sécurité et de la tranquillité publique,  il n'y a pas encore assez de ressources à Strasbourg pour assurer ces missions. La ville elle-même dispose de 280 caméras de surveillance et de 500 caméras au total en comprenant les alentours et les autoroutes. La protection du réseau d'eau est une priorité, protection des captages et de la connaissance parfaite du réseau.

Alors, que conclure de tout ça? Le panorama est contrasté. La vidéosurveillance est peu contestée à présent, puisqu'elle a fait ses preuves, dans le cadre de la criminalité de base. Les administrations et entreprises, elles, ont besoin de spécialistes en TIC, il semblerait que le recrutement ne soit pas assez "moderne". Les ressources sont bonnes, mais pas assez nombreuses (constat général). Il faudrait intégrer les questions de cyber-sécurité dans de nombreux postes.
Pour la citoyenne que je suis, je ne venais pas pour m'entendre dire "le risque zéro n'existe pas", parce que je le sais déjà! Je ne veux pas non plus que "ma vie privée devienne une anomalie" et faire le point sur toutes ces questions m'a énormément intéressée. Vous pouvez visionner des débats de ces journées sur:

http://www.acteurspublics.com/articles/36
onglet sécurité
onglet 08/11/16: les Français favorables au service militaire obligatoire et à la garde nationale.





vendredi 15 janvier 2016

Attentat en Indonésie: une dame fait un selfie avec un terroriste derrière elle!

INDONÉSIE, ATTENTAT À JAKARTA

Attentat Jalan Thamrin à Jakarta, hier le 14/01. Près du poste de police à côté de "Sarinah", grand magasin où il y a un rayon formidable de batiks absolument plus beaux les uns que les autres (ça c'est ma touche à moi) et visant le café US Starbucks.

Il n'y a qu'en Indonésie où c'est possible ça: une dame musulmane fait un selfie, avec un terroriste en arrière plan! Regardez! C'est fou!

Banjarmasin.post
De plus, cet événement tragique montre que les habitants de Jakarta n'ont pas vraiment peur des terroristes.

Banjarmasin. post: un marchand d'arachides sert des clients et des agents de sécurité se mettent en place sur les lieux.

Et sur cette photo, un agent d'entretien continue son taf derrière un char léger de la police.

Banjarmasin.post
Pendant ce temps, un internaute indonésien a écrit "une lettre d'amour à l'ISIS", après cet attentat avec ces photos:

dennysiregar.com

Denny Siregar écrit: "C'est quoi, l'utilité de votre attentat, vous à l'ISIS? On n'a pas besoin de terreur, on est déjà tous fous.De toute façon, si vous mettez une bombe, si vous tirez dans la foule, la police va venir. Ouaiaiaiais... y'a d'l'animation... Qui veut des arachides? Qui a soif? Monsieur, de l'ISIS, là... vous voulez acheter à manger? Eh, ils n'ont pas peur tous ces gens, ces passants, ces marchands. Tous les jours, ils affrontent leur destin. Travailler, travailler. Au contraire, venez, venez, mes amis, comme ça y aura du monde et on pourra ouvrir les étalages!"
Cette lettre a rencontré un franc succès sur le Net, les internautes indonésiens la partagent et applaudissent à la façon qu'a Denny de critiquer les gens de l'ISIS, sa façon bien particulière de faire marrer. Il poursuit ainsi: "Les Indonésiens, ils n'ont pas peur de boire un café à la terrasse du bistrot américain, le trottoir est encombré de Lamborghini..."


Pour ceux qui lisent l'indonésien!
http://banjarmasin.tribunnews.com/2016/01/15/pascabom-sarinah-kini-beredar-surat-cinta-untuk-isis
http://banjarmasin.tribunnews.com/2016/01/15/heboh-hanya-di-indonesia-seorang-ibu-bisa-selfie-di-belakang-teroris-bersenjata

lundi 21 décembre 2015

La réhabilitation des jeunes radicalisés, treizième travail d'Hercule?

En finir une bonne fois pour toutes avec la radicalisation des jeunes?


Je ne me suis pas faite entendre lors de la vague médiatique qui a suivi les attentats du 13 novembre. J'ai refusé! Noyée dans une masse d’infos, j’ai préféré remiser ma plume.

Vlan! J'ai renoncé

Puis, plume toujours au repos, j’ai choisi d'écouter ce que les gens avaient à dire sur ces événements. C'est fou comme tout ce qui est écrit ou dit ou vidéotapé dans les médias passe complètement à côté de ce que pensent « les gens»,  c’est à dire : ceux que je croise, que vous croisez au centre commercial, à la salle de sport, au boulot etc. Cette opinion publique, multiforme, morcelée ne correspond pas avec les « discours médiatiques officiels », d'où le constat suivant :
1) À force d'entendre ce flux continuel d'informations, on ressort systématiquement ce qui est dit à la radio ou dans telle émission télé pour faire comme tout le monde ; exit les opinions personnelles et bonjour l'appauvrissement des échanges entre personnes! parce que si t’as pas entendu le truc ou vu la même chaîne que ton interlocuteur, t’as l’air un peu c…, non, décalé, dans la conversation, restons polis. Scène fréquemment observée:
« Comment !" s’exclame-t-elle," tu n’as pas vu Machin dans l’émission de Truc ? » et de passer pour un gros looser alors, un peu de provoc’  pour faire monter la sauce:
-provoc' bonobo : oh moi, je ne regarde pas la télé, c’est tellement superficiel, et ils ne disent pas le plus important de toute façon ;
-provoc’ de base : ça ou peigner la girafe, y a 130 personnes qui y sont passées, alors…
2) on est complètement frustré parce que personne ne dit ce qu’on pense : mais ras-le-bol de ces conneries d'attentats! Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu pour que ça nous tombe dessus!

Dans cette ambiance tendue et délétère, voici ce que je reçois:


La lecture du dernier numéro de « Politique Étrangère » m'a donné l'envie de  de partager cet article avec vous :
« Prévention de la radicalisation et déradicalisation : les modèles allemand, britannique et danois » de Asiem El Difraoui et Milena Uhlmann, « Politique Étrangère », hiver 2015-2016.

Bizarre, bizarre.

Curieusement, à la première lecture, j’ai été ramenée loin en arrière. Voyez plutôt :

En 1983, j’étais en fin de première année à Sciences Po Paris et les examens de passage en seconde année approchaient à grands pas (je ne les ai pas eus d’ailleurs, mais ce n’est pas la faute de ce qui va suivre). Parmi ces épreuves, une épreuve orale de présentation de trois livres, deux choisis sur une liste et un livre « libre » si je puis dire. À cette époque, l’actualité était riche des hauts faits des régionalistes : Basques, Bretons, Corses… et, en librairie, j’étais tombée sur:

« Vous en avez vraiment assez d’être français ? » de Jean Ferniot
grasset.fr
Pour les citations de cet auteur, celle qui m'a le plus marquée c'est:
"vos gueules, les binious"
À lire sur
http://www.dicocitations.com/auteur/1650/Jean_Ferniot.php

C’était un petit brûlot anti-régionaliste. J’ai eu le déclic et hop, je le mets sur ma liste de bouquins. Exit les René Rémond et les « Mémoires de guerre » du Général de Gaulle. Je me souviens de la tête de l’examinateur qui s’attendait à un choix beaucoup plus orthodoxe. J’ai eu un succès fou ! Le rapport entre la dé-radicalisation et ce bouquin? Ce pourrait être un nouveau titre, genre
-"Vous en avez vraiment assez d'être musulman français?"
par exemple.

Orthodoxe : le mot est écrit.
Depuis, le vocabulaire a évolué : radicalisation, dé-radicalisation, réhabilitation des djihadistes, prévention, désengagement, et je t’en passe et des meilleurs.  Les auteurs ne se sont pas arrêtés là (ils ont à peine commencé leur article d’ailleurs !) et ils se sont penchés sur les mesures prises par des pays voisins, à savoir l’Allemagne, le Royaume-Uni, deux voisins proches, puis le Danemark, un peu plus éloigné.

Non seulement je lis la revue, mais je la prends en photo aussi.


D’abord quelques chiffres :

• Allemagne
o Population totale : 80,20 millions
o Nombre de musulmans : 1,5 millions (soit 1,9% de la population)
o Origine des musulmans résidant en Allemagne : Turquie, Europe du Sud-Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord
o Régions habitées :  Rhénanie du Nord Westphalie, Bade-Wurttemberg, Bavière et Hesse.
o Nombre de djihadistes partis combattre :730
o Nombre de djihadistes revenus : 230

www.liredanslenoir.com


• Grande-Bretagne
o Population totale : 56 millions
o Nombre de musulmans : 2,7 millions (soit 5% de la population)
o Origine géographique des musulmans résidant en Grande-Bretagne : Pakistan, Bangladesh, Inde
o Régions habitées par ces communautés : villes désindustrialisées du centre de l’Angleterre et Est londonien
o Nombre de djihadistes partis combattre : 700
o Nombre de djihadistes revenus : environ 300

www.fr.dreamstime.com


• Danemark
o Population totale : 3,325 millions
o Nombre de musulmans : 133 000 (soit 4% de la population)
o Origine des musulmans : Turquie, ex-Yougoslavie, Irak et Liban et Somalie
o Régions habitées : Copenhague, Aarhus et Odense
o Départs de djihadistes : 170
o Retours de djihadistes : 50



C’est pas plus mal de rappeler quelques fondamentaux, par exemple, la population totale d'un pays. Je me suis rappelée ainsi que l’Allemagne était drôlement plus peuplée que la France, ce qui peut expliquer son développement et dynamisme économique, par exemple ; ce qui est rarement souligné par les « volées d’information » qu’on nous assène à propos de ce pays, que ce soit le scandale Volkswagen ou la balance commerciale allemande bénéficiaire…

Flûte, je me suis éloignée de mon sujet

Donc, revenons à nos moutons: on voit que dans ce cas, la part des musulmans dans la population allemande n’est pas très importante, contrairement au Royaume-Uni, Danemark ou France (63 millions d’habitants, nombre de musulmans résidant : entre 3,7 et 4,5 millions). Ce qui est important également de noter, c’est l’origine géographique de ces populations musulmanes, différentes selon chaque pays étudié. Ce qui nous ramène au passé des pays en question.

Au-delà de ces quelques chiffres, en fait, l’histoire de la prévention de la radicalisation des jeunes dans ces pays pourrait se résumer à :

« c’est l’histoire d’un mec qui… » de Coluche.


oldscoop.fr
Ne me dites pas que je me suis encore égarée! C'est pas vrai.

Bizarre comme association. Pas si bizarre que ça quand on lit dans l’article de PE* que l’action menée pour contrer la radicalisation des jeunes est souvent le fait de personnes engagées.
En Allemagne, dans le cadre du programme « Violence Prevention Network » en milieu carcéral, l’activité doit beaucoup à deux animateurs, Hatem et Mohammed, qui ont une formation théologique et pratique qui les rend capables d’opposer à la vision souvent superficielle et doctrinaire des islamistes une vision plus juste de l’Islam et d’en convaincre leurs interlocuteurs.
Au Royaume-Uni, Usman Raja, champion d’arts martiaux, a créé une fondation appelée the Unity Initiative, dans laquelle il défie des apprentis djihadistes dans des combats et où il les invite à s’entraîner, pour canaliser leur violence. En discutant il prêche un Islam holistique.

www.unityinitiative.co.ok...oops reprenons: www.unityinitiative.co.uk, pour une fois, une faute de frappe sympa!

En fait, ces actions individuelles nous sont bien connues parce que le cinéma et la télévision ont transformé ces personnalités en personnage-type. Qui n’a pas vu, dans un polar français, un ancien prisonnier prendre des jeunes sous son aile pour leur éviter de se faire embrigader par des gangsters ?

La richesse de l’action menée pour le désengagement des jeunes de la violence religieuse tient à ce qu’elle est le fait d’individus engagés, mais également de programmes étatiques qui allient le suivi individuel à l’intégration sociale et professionnelle. C’est le cas des programmes Hayat (« vie » en arabe) en Allemagne, du programme Contest au Royaume-Uni et du programme EXIT au Danemark où mesures sociales et professionnelles côtoient accompagnement personnel et écoute des familles.

Que peut-on attendre raisonnablement de ces programmes de prévention et de réinsertion?

Toutes ces initiatives ont pour la plupart moins de dix ans d'existence et il est difficile d'en tirer déjà des résultats.
Mais voici tout de même quelques chiffres:
-Hayat: sur 170 personnes suivies, 36 étaient considérées comme dé-radicalisées,  39 cas étaient résolus;
-Violence Prevention Network: 73 personnes se sont portées volontaires pour suivre cet accompagnement en milieu carcéral;
-pas de chiffres pour le Royaume-Uni;
- Au Danemark, 16 djihadistes ont été pris en charge, 10 ont suivi le programme de dé-radicalisation.

OK, Ok, je vous vois venir... ces chiffres sont modestes.
Comme je vous le disais, ce n'est que le début.
Tous ces programmes pourraient servir d'inspiration en France, où le soutien à la dé-radicalisation est le fait uniquement du mouvement associatif.
Pour moi, toutes ces mesures, c'est un indice d'espoir. Nos sociétés sont quand même capables de tendre la main à ceux qui ont dérapé, et ce n'est pas rien. Particulièrement en cette fin d'année, porteuse d'espoir universel. Mais bon, ça n'engage que moi, pas vrai?

J'aime bouquiner, je vous ai dégotté quelques pépites sur le sujet... romans passionnants, suspens... c'est ce que je vous propose... et vous disposez!

Quelques romans pour comprendre le processus de radicalisation:
DOA: "Pukhtu"
Romancé mais frappant et passionnant.

Pierre Pouchairet: "La filière afghane"

Un ancien policier détaché en Afghanistan s'est servi de son expérience pour écrire ce livre...

Celui-là est génial aussi



Trop, trop classe lui...

Quelques liens:
http://www.france24.com/fr/20140606-internet-catalyseur-radicalisation-jeunes-musulmans
http://www.terrafemina.com/article/cette-association-de-musulmans-lutte-contre-la-radicalisation-sur-facebook_a295080/1
https://www.youtube.com/watch?v=lfngyRGn-aQ
http://www.millebabords.org/spip.php?article27307

Quelques liens sur les programmes cités dans cet article, et détaillés par les auteurs de l'article:
http://hayat-deutschland.de/english/
(en anglais et en allemand, pour ceux qui peuvent lire dans ces langues)
http://www.violence-prevention-network.de/en/
(même remarque)
http://www.quilliamfoundation.org/
(into English, yes we can!)
http://www.unityinitiative.co.uk/index.html
http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/danemark-a-aarhus-on-aide-les-anciens-jihadistes-on-ne-les-traite-pas-comme-des-terroristes_724389.html
(celui-là en français, c'est cadeau)

*PE: Politique Étrangère

mardi 28 octobre 2014

"Style, grâce et terrorisme", une idée de lecture


                                    SYNOPSIS




« Œil pour œil, dent pour dent », clame la Déesse de la vengeance.
« Il faut tendre la main à son prochain », rétorquent les grands principes humanistes. Certes, voilà une idée séduisante, mais tout dépend de la façon de le faire. Lorsque Lone a tendu la main à son prochain, ce n’était pas n’importe quelle main ni n’importe quel prochain.
Quel point commun y a-t-il entre l’enlèvement d’un minable proxénète à sa sortie de prison, le vol d’une comptabilité occulte, le décès du comptable qui en était responsable, et un attentat perpétré au missile portable contre une raffinerie dans l’estuaire de la Loire ? Pourquoi une sorte d’épidémie de guigne s’est-elle abattue sur un réseau criminel de Toulouse ?
Les enquêtes de police menées à Toulouse par le valeureux et irascible commandant Pradel, et, à Paris, par une éminence grise des Renseignements Généraux, Serge Basse-Love, doivent répondre à ces questions.
Une traductrice, un dominicain défroqué, un vidéo jockey, une ancienne prostituée et un restaurateur de kebab détiennent, sans le savoir, les clés d’une forme de conjuration pilotée de main de maître par un jeune transfuge des services secrets russes, décidé à exfiltrer par tous les moyens possibles un de ses compatriotes établi à Nice, qui dispose d’un secret génétique bien gardé.
De Paris à Nice, de Marseille à Toulouse, les enquêteurs dévideront, avec l’aide d’un juge d’instruction aussi intelligent que retors, une affaire insolite, qui les mènera à une confrontation directe avec la criminalité organisée, le blanchiment d’argent sale, mais aussi qui leur fera découvrir des personnalités attachantes, dont l’une se pare de pouvoirs étonnants.
Le caractère insolite et décalé de l’affaire entraînera les enquêteurs, qui iront de surprise en surprise ; ils seront obligés de revisiter le passé douloureux lié à la Deuxième Guerre Mondiale et de comprendre que l’être humain peut être mû par autre chose que l’argent, le sexe ou le pouvoir. Lorsqu’en plus, ils découvrent qu’une catastrophe géologique, qui a lieu à l’autre bout du monde, a un rapport direct avec l’enquête qu’ils doivent conclure, ils approcheront une dimension encore inconnue d’une enquête de police classique.

Entre règlements de compte personnels et menace majeure sur le territoire national, sur fond d’anciennes amitiés et de miracles non répertoriés, il ne sera pas facile pour eux d’avoir le fin mot de l’’histoire, mais ils prendront alors la seule décision possible.