: Fortitude

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samedi 25 avril 2015

Et si la gratitude rendait heureux? Joyeux?

La gratitude, c'est la mémoire du coeur


ÉTUDE : ÊTRE RECONNAISSANT REND HEUREUX


Dans une étude menée en 2008 portant sur 389 adultes, les résultats ont montré que la gratitude était fortement corrélée à une mesure appelée satisfaction tirée de la vie (SWL, acronyme anglais). Les chercheurs ont conclu que « les personnes reconnaissantes sont plus extraverties, ouvertes, agréables, plus consciencieuses et moins névrosées ». Létude ajoute que « la gratitude constitue une des caractéristiques principales du bien-être ».



Merci pour cette grâce féline, mes jeunes chats!

De même, une autre étude de 2007 a conclu en ces termes :  « compter les bienfaits que nous vivons semble être une manière active de renforcer le bien-être chez les pré-adolescents ».
Dans cette seconde étude, les enfants appartenant au groupe Gratitude devaient suivre les instructions suivantes : « il y a beaucoup de choses dans nos vies, importantes comme insignifiantes, pour lesquelles nous devrions nous montrer reconnaissants. Revenez sur la journée dhier et notez sur les lignes ci-dessous jusquà cinq choses positives dans votre vie, pour lesquelles vous être reconnaissants.”


Les fleurs et l'animal: merci pour cette association
Un deuxième groupe appelé « Tracas » devait suivre dautres instructions : «  les tracas sont irritants, ce sont des choses qui vous ennuient ou qui vous énervent. Ces tracas surviennent dans de nombreux domaines, par exemple, notre famille, nos amis, lécole, la santé, etc. Revenez sur la journée dhier et notez sur les lignes ci-dessous jusquà cinq tracas qui vous sont arrivés.”
La douceur du regard, cette complicité, merci encore

Enfin, il y avait un troisième groupe de contrôle à qui on na donné aucune instruction.
Sans surprise pour moi, les membres du groupe gratitude enregistraient la plus grande joie de vivre dans leur vie scolaire, aussi bien juste après le test que trois semaines plus tard. 
Avant cette étude portant sur des pré-adolescents, les chercheurs avaient conclu que « la gratitude, consistant à énumérer les bienfaits, est liée au bien-être subjectif », mais ces recherches ne concernaient que des adultes. Létude de 2007 était la seule à mettre en évidence les mêmes résultats pour les adolescents. 
Il est temps que VOUS fassiez preuve de gratitude
En ayant ces résultats à lesprit, jai crée un simple visuel de 60 secondes pour vous aider à être reconnaissant. Voir ci-dessous:
Après tout, il y a des preuves montrant que compter les faveurs qui arrivent dans une journée amplifie votre joie de vivre, et cela , cest le moyen le plus simple de se sentir mieux.
Bien sûr, vous pouvez attendre davoir résolu vos problèmes, comme perdre enfin ces huit livres, ou obtenir cette promotion, ou ce mariage ou que lun des rêves que vous portez en vous se réalise, pour vous sentir bien. Cest sûr.


Sans oublier l'art, source éternelle de beauté! merci!
Mais jespère que vous nagissez pas ainsi ! Je souhaite juste que vous preniez lhabitude de faire une pause dune ou deux minutes chaque jour pour ressentir la reconnaissance pour tout ce qui vous arrive en bien.
D'après Bruce Kasanoff

Pour aller plus loin...

samedi 18 avril 2015

Compte rendu de "La dérive des incontinents" de Gordon Zola aux éditions du léopard masqué.



"La dérive des incontinents" Auteur: Gordon Zola, genre: Thriller hilarant


Je tiens à vous présenter un livre qui, dans la morosité actuelle, vous fera rire, sourire tout en vous disant: "sacré auteur, il ne prend pas de gants!"
Entre jeux de mots, calembredaines, esprit d'escalier qui n'est pas loin de certaines définitions de mots croisés, ça n'arrête pas!
Voici un roman dit "thriller" délirant, et il y a de quoi!

Il était une fois...
Il était une fois à Paris, qui voilà? Moi, rue Daguerre, charmant quartier proche de la gare Montparnasse, tous ceux qui vivent à l'ouest de Paris connaissent le quartier, donc me voici  rue Daguerre, dans laquelle j'entre par l'avenue du Maine. Une vitrine, une librairie, un nom bizarre, des tas de couvertures de livres qui ressemblent à des Tintin... je m'arrête, intriguée.







Devant cette vitrine, je commence à rigoler doucement, car je suis en public, un peu de retenue, que diable.
Voici quelques exemples de titres:
-"Le père Denoël est-il une ordure?"
-"J'écluse!"
-"Le spectre du tocard" (un cauchemar pour les amateurs de tiercé...)
-"Train-train au Congo"
-"Doigt Light"
-"les tatas flingueurs"
-"qui veut la peau de Marc Levy"...
Cette liste est loin d'être exhaustive.
Accrochée, j'entre. Et je me décide pour l'ouvrage intitulé: " la dérive des incontinents", une enquête du commissaire Guillaume Suitaume, un livre va-t-en-guerre contre le tout-écologie mal digéré, mal compris, utilisé comme arme politique à des fins égoïstes qui n'ont souvent rien à voir avec la planète!




Dans le train (vous l'avez compris, je n'étais pas loin de la gare, ce n'était pas un hasard), j'ai commencé à lire ce petit trésor.
26 chapitres, tous titrés
genre: chapitre 21:  "ça potage"
Parfois, il faut réfléchir pour trouver le jeu de mots... Le livre a obligé mes neurones à fonctionner.
À propos, le nom du personnage principal? Guillaume Suitaume? Ça vous dit quoi, à vous?
Tous les noms de personnages sont à décortiquer:
exemple: Aubert Agarnier.
Trouvez l'erreur, non le jeu de mots.
Il y a aussi Habib Lioteck, Purdey Prune, je ne vais pas tous vous les dévoiler. 

L'intrigue:
une étrange épidémie de meurtres frappe la communauté scientifique française, alors que le temps s'est déréglé, que Paris est inondé et qu'un tsunami engloutit une partie de la Bretagne. Les écologistes, prêts à tout pour que le monde ouvre enfin les yeux sur les dangers qui le menacent, n'hésitent pas à employer les armes du terrorisme pour faire entendre leur voix. Va-t-on vers une guerre écologie contre industrie? Seul et contre tous, le commissaire Guillaume Suitaume soupçonne autre chose et mène l'enquête, épaulé par ses collaborateurs, tandis que son chef ne fait que de la représentation, quitte à lui mettre des bâtons dans les roues. Mais, tel le héros de la mythologie, Guillaume reste seul envers et contre tous et résout l'affaire.

Le style:
hilarant, érudit, inventif,
ex: conjuguez-moi au futur antérieur et au subjonctif imparfait le verbe trouvé dans ce livre:
-syndromedestockholmer. (Ça, c'est un exercice pour Kevin, l'élève qui intervient dans l'histoire, c'est un cancre qui ne comprend rien parce qu'il dort à côté du radiateur de la classe).
Ça vaut "anticonstitutionnellement" comme mot! L'auteur l'a trouvé tout seul. Au point que le lire prend un certain temps... d'abord il faut le déchiffrer, puis se dire, flûte, il y a une erreur, avant de réaliser le jeu de mots... peut être certains vont-ils me trouver lente. Tant pis, j'assume.
-vieux-françoiser, comme dans la page 192, je vieux-françoise, tu vieux-françoises, etc, etc.


Je n'ai pas rêvé! L'auteur a bien écrit "vieux-françoisa". Tous ceux qui ne m'ont pas crue conjugueront ce verbe à tous les temps de l'indicatif, subjonctif et conditionnel! Sans blague.

-des interventions de l'auteur en italique, qui fait irruption dans son récit. On pourrait trouver cela énervant, mais c'est juste hilarant! 
-quelques allers-retours dans l'histoire et les légendes, mais là, je ne peux vous en dire plus. 

Bref, ce livre s'adresse:
-aux lecteurs qui ont besoin de rire
-aux lecteurs qui rient
-aux lecteurs qui en ont ras-le-bol du tout-écologique
-aux lecteurs qui ont besoin de se détendre
-aux lecteurs qui vont à l'Elysée se faire épingler la Légion d'Honneur
-aux lecteurs qui lisent la presse quotidienne
-aux lecteurs qui ne comprennent pas la presse quotidienne
-à ceux qui regardent la télévision
-à ceux qui ne regardent pas la télévision
Etc.

Pour aller plus loin et vous prouver que je ne galèje pas:
https://www.facebook.com/pages/Gordon-Zola/258382540909800
À aimer sans modération, n'a pas les mêmes effets que l'alcool
http://www.leopardmasque.com/
À vos CB!!
http://www.actuabd.com/Le-Leopard-Masque-donne-une-suite
Plus culturel...

vendredi 3 avril 2015

La couture, anti-âge et pro-rondeurs

La couture, c'est bon pour le moral

Ce matin, une satisfaction inopinée m'attendait, au détour d'un geste quotidien: en ouvrant mon armoire.
Le fait paraît anodin.
Il se trouve qu'en ce moment, depuis le début de l'année, j'apprends à coudre. 
Je savais déjà tricoter, crocheter, faire de la dentelle, c'était déjà pas mal!
Tout cela, c'est la faute du Marché Saint Pierre à Montmartre. Le super magasin de tissus de la capitale, le top du top, et encore au-dessus.
En visite à Paris, je me suis laissée tenter par deux coupons de soie... qui me sont restés sur les bras. D'ailleurs, les bras m'en tombent! Quelle mouche m'a piquée à ce moment-là? Elle devait avoir la forme d'une aiguille à coudre. Un drôle d'animal.
Une fois à la maison, je les ai posés sur mon lit et les ai trouvés super jolis! En plus, de la soie, la classe! La noblesse, l'élégance, et toute cette sorte de choses.
Puis j'ai été traîner dans une grande mercerie et ai trouvé des patrons. Ah... les idées se précisent. Mais, à part enfiler mon aiguille et faire des coutures aux multiples pulls que je fais, eh bien, mes notions de couture sont symboliques.
Donc, je suis restée "les bras ballants devant les monuments", suivant l'expression populaire.


Voici la tunique une fois terminée avec le coupon de soie qui attend son sort


Plus en détail... Je l'ai cousue main, quand même! La machine et moi étions fâchées.

Les jolis lapins de plus près... c'est Pâques!

Ajoutons l'oiseau de printemps...

Et les hiboux! Le tout dans une magnifique soie italienne...


La couture, mode d'emploi?

Tout à coup, je me suis souvenue que ma mère, très bonne couturière, m'avait fait un patron à mes mensurations. Je me lance à sa recherche. Le destin se rit de moi, impossible de remettre la main dessus. Ça commençait bien.
Ma mère me propose gentiment de le refaire et je lui avoue, au détour d'un catimini, que j'ai dû prendre du poids.
-"Viens donc, me dit-elle, on reprendra tes mesures, et comme ça, le patron sera adapté à ta taille actuelle".
La sagesse parlait d'or. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Effectivement, il s'est trouvé que j'avais un peu changé, que mon corps s'était modifié avec le temps: ainsi j'évite de dire et d'écrire: j'ai grossi, je suis plus large, ben dis donc, ça c'est pas amélioré, y a pas de miracle etc. etc. En fait, j'ai écrit les deux options. Ça m'apprendra à penser et à écrire sans brouillon.
Réparer des ans l'irréparable outrage, disait J. Racine. Il en a de bonnes, le tragédien! 
En fait, il n'y a rien à réparer! On n'est pas des chambres à air quand même!

N'empêche. Et comme dit mon pote, qui est au comptoir devant sa bière: "y a plus qu'à!". Parle pour toi, Paulo. Bref, j'ai eu droit à des cours de couture juste pour moi, qui m'ont permis de réaliser la tunique que vous pouvez... admirer, suspendue à mon pêcher en fleurs, un matin de lumière dorée.
Et, de fil en aiguille, ceci écrit sans souci du jeu de mots opportuniste, j'ai appris des choses et tout à coup, je lui ai demandé:
-"Élargir des pantalons, est-ce dur? Tu pourrais me montrer?"
Je me suis souvenue à temps de tous ces jolis pantalons et shorts, voire combishorts et autres combinaisons, que je m'achetais dans le passé et qui petit à petit, ont peuplé mon armoire et sont restés suspendus, pour cause d'élargissement des hanches (et du reste). Ils ont sédimenté dans mes affaires, injustes victimes d'un changement autre que climatique, mais néanmoins délétère pour l'estime de moi-même.

Ma mère me donne les explications et me montre ce qu'il faut faire, sur un vêtement que j'avais apporté (j'avais pris cette précaution). 
Sur le coup, j'ai trouvé ça difficile. Mais le jeu en valait la chandelle, je le pressentais. J'imaginais tous ces vêtements dans lesquels je pourrais rentrer à nouveau, retrouver la joie de porter des affaires choisies et chéries, de les retrouver, comme je retrouverais un lieu que j'ai aimé et que je n'ai plus arpenté depuis longtemps.
Pour prendre l'étendue des travaux à venir ou des travaux d'avenir (les travaux d'Astérix), j'ai posé quelques affaires à élargir sur mon lit et voici:


Il y en a sept, il n'y a pas de temps à perdre! Le printemps pointe son nez.
C'est tellement plaisant d'aller au magasin de tissu choisir celui qui correspondra le mieux au vêtement à modifier. Les dames qui y travaillent ont beaucoup de goût et souvent pensent à des associations de couleur et de texture qui ne me seraient pas venues à l'esprit. Heureusement, le travail ne m'a jamais rebuté, surtout lorsqu'il est choisi, pensé, harmonisé... je n'ai paniqué à aucun moment. Au contraire, je me sentais très, très bien, voire super bien à l'idée de me lancer dans cette couture. Pourquoi?


Je me suis rendue compte que ce projet permettait d'accepter ce que j'étais devenue au fil du temps tout en restant fidèle à mes goûts, en matière de couleurs, de formes... Mettre ces pantalons à ma taille était un moyen de mettre en valeur mon changement physique, qui, pour ténu qu'il soit, est! Comme la lumière!  Je le vois tous les matins ce changement physique! Au point que ce n'est plus un changement, c'est une habitude physique.
Le sentiment de valorisation que j'éprouve à transformer des vêtements que je passais il y a trois, cinq ou sept ans, est indicible. Bref, vous l'avez compris, je suis troooop contente!
Une autre raison explique ce sentiment: , j'ai réussi, j'y suis arrivée! La tunique est superbe! Le premier pantalon est bien ajusté, après quelques errements...! Ça a boosté la confiance en moi-même. Le regard des autres (particulièrement de "mes" autres) a joué un rôle très important. 
Valorisation de moi-même, confiance accrue en mes possibilités, garde-robe renouvelée, fidélité à mes goûts et préférences, voilà ce que j'ai gagné à me lancer en couture. Pourquoi pas vous?

Pour aller plus loin...
http://rochefort-17.allomarie.fr/Tisseco/Rochefort.html






dimanche 22 mars 2015

"Une goutte d'eau et l'océan" de Thierry de Montbrial


Thierry de Montbrial, "Une goutte d'eau et l'océan, journal d'une quête de sens"

hieroglyphes.com

Le 10 mars 2015, j'ai assisté à une conférence-dédicace au siège de l'IFRI (Institut français des relations internationales, rue de la Procession, Paris XVè, faite par Thierry de Montbrial, fondateur de l'IFRI, concernant son livre "Une goutte d'eau et l'océan", "Journal d'une quête de sens". Il s'agit d'un journal de bord dans lequel l'auteur, diplomate, diplômé de l'X-Mines, partage ses rencontres avec des sommités françaises et internationales des décennies passées, et surtout, s'interroge sur les "dérives" présentes observées dans notre société. Voici ce que j'en ai compris, réflexions, résumé et extrapolations comprises: j'espère que cela vous intéressera! Réflexions libres tirées de la conférence...
Il s'agit d'un journal de bord dans lequel l'auteur, diplomate,  membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, diplômé de l'X-Mines, partage ses rencontres avec des sommités françaises et internationales des décennies passées, et surtout, s'interroge sur les "dérives" présentes observées dans notre société. Voici ce que j'en ai tiré: j'espère que cela vous intéressera! Réflexions libres tirées de la conférence...

Quelques semaines après les attentats de Charlie Hebdo, après toute cette fièvre médiatique, il m'a paru utile d'écouter ce qu'avait à dire sur ce sujet quelqu'un qui observe de l'intérieur les tendances profondes de notre société, distancié par son poste de "think-tanker" qui l'oblige à la rigueur et l'objectivité.
Thierry de Montbrial a beaucoup voyagé, a été en poste à l'étranger, en Roumanie notamment. Il est de culture catholique.
Sa conférence avait une dimension culturelle et spirituelle. Pourquoi? Parce que, selon lui, les difficultés que nous traversons actuellement (nous= société française dans son ensemble) ne sont pas à rechercher seulement dans les faits matériels, mais aussi dans le fait religieux.

jeuneafrique.com
L'auteur a ouvert le débat en remarquant que beaucoup de gens étaient "perdus". En effet, beaucoup pensent que ce qu'on fait ne change rien.
Pour Th. de Montbrial, raisonner ainsi, c'est normal, cela fait partie de la condition humaine de mettre en doute ce qu'on fait, de mettre en doute la finalité de nos actions.
Cependant il compare nos actions à une goutte d'eau qui vient s'unir à l'océan(voir sur la couverture du livre la belle phrase de Mère Térésa). Sans les multiples gouttes d'eau qui le composent, l'océan n'existerait pas. Sans certaines gouttes d'eau, l'océan serait différent, aurait une composition, une salinité, un comportement différent.
En fait, chaque personne a une mission. Parfois, on peut mettre une vie entière à trouver sa voie ou sa mission. Oui, je sais, écrit comme ça, ça fait drôlement pontifiant. Pontifions donc un peu, pour voir.
Ouahou, chaque personne a une mission. Certes. C'est ainsi que les gens qui partent faire le jihad ont aussi le sentiment de trouver leur mission. Leur utilité. Le but de leur vie.
Nous voilà abordant le problème du jihad. Des gens qui partent pour faire le jihad. Ici ou à l'étranger.

La société française et ses racines


Qui partent pour retrouver des racines.
Quid?
Eh bien oui, l'être humain est comme un arbre. Vous connaissez des arbres sans racines, vous? Pas moi! La mission de chaque être humain s'ancre dans ses racines. 
Et pour les Français, quelles sont ces racines? Les voici (liste non exhaustive):
-les racines gréco-romaines: les arènes de Nîmes, d'Arles, la via Domitia que l'on prend lorsqu'on va de la Côte Atlantique à la Méditerranée...le latin, le grec, ces langues sans lesquelles le français n'existerait pas... Ronsard, poète du XVIè, écrivait: "Mignonne, allons voir si la rose...". Eh bien l'origine du mot "rose" c'est le mot latin "rosa". Ça paraît tout bête, mais c'est comme ça. Le nom de la reine des fleurs de nos jardins vient d'un nom latin! C'est comme ça! C'est une racine! le bouquet de roses que vous offrez à votre maman pour la fête des Mères, la rose que vous tendez à l'élue de votre coeur, c'est une racine gréco-romaine! Il faut le faire, quand même!

espritdegoshin.fr
-et les racines judéo-chrétiennes: c'est à dire Notre-Dame de Paris,  toutes les églises qui parsèment le territoire national, les Juifs, le concept de Dieu unique même si on n'y croit pas, tous les monastères, toute la morale de nos sociétés, tu ne tueras point, tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin etc, etc, le buisson ardent, Moïse et les Hébreux qui traversent la Mer Rouge, personne n'a traversé l'Océan Indien avant le tsunami de 2004, la Shoah, le protestantisme, le catholicisme, Luther, l'imprimerie, personne n'a  imprimé ma biographie, la Bible, l'Ancien et le Nouveau Testament, la Rédemption de l'Homme, etcétéra, etcétéra et je t'en passe et des meilleurs! Fais ta liste! Va faire tes courses de racines! Ça t'apprendra, lecteur qui rigole! Oui mon pote, tu baignes dans un océan de racines! Il n'y a pas que des gouttes d'eau dans cet océan, y a aussi des racines! (Peut être qu'un personnage comique, Gaston Lagaffe ou Le Chat répliqueraient: c'est plus un océan, ton truc, c'est une soupe! Je les invite à se manifester...)

Oui d'accord, allez-vous me dire, mais on était dans un débat sur l'actualité, vous vous attendiez à des réponses sur: mais flûte à la fin, qu'est-ce qui s'est réellement passé le 7 janvier? Et nous voilà revenus à la source de nos civilisations! Ça craint! C'est quoi, ce travail?

Religieux: que signifie ce mot?


Déjà, si vous vous posez ces questions, c'est bon signe. 
Bon, revenons à nos moutons: les racines
Nous avons vu que chaque personne a une mission ainsi que des racines culturelles, linguistiques, religieuses...
Ah! Je vous vois tiquer sur le terme "religieux". Je m'y arrête. Stop. 
No panic. Religieux, c'est quoi?
En effet, le mot  "religion" prête à confusion. Pourquoi?
1) ce terme fait référence à la vie spirituelle des gens, leurs croyances, leurs interdits... ce qu'on croit intimement, les convictions, etc.
2) ce terme renvoie aussi aux institutions religieuses, comme le Vatican, le patriarche dans l'Église orthodoxe... qui ont de facto (racine gréco-romaine) un rôle politique.

theicerace.files. wordpress.com


Et c'est là où s'articule notre concept franco-français de laïcité: c'est au coeur de ce dilemme: religieux "privé"; religieux "public-politique".


La loi de 1905 Neutralité de l'État dans les questions religieuses...


Quand la loi de 1905 a été votée (en quelle année? C'était le test pour voir si vous suiviez), l'État avait à coeur de limiter l'influence de l'Église, en tant qu'institution, sur la société, mais certainement pas de créer un pays d'athées! Laïcité, ce terme est un peu relou. Parlons donc de séparation de l'Église et de l'État. Chacun chez soi et les oies seront bien gardées. C'est plus clair ainsi. On laisse tomber laïcité, et c'est gonflant à taper sur le clavier d'ailleurs, pour utiliser "séparation de l''Église et de l'État"(c'est nettement plus long, je vous l'accorde, mais l'idée est claire).
Dans l'histoire de France (retour à nos racines), les souverains (jusqu'en 1793, et après aussi) ont eu à coeur de limiter l'influence de l'Église (en tant qu'institution politique internationale, dont le siège se trouvait à Rome, donc à l'étranger). Cette influence irritait au plus haut point Philippe le Bel (XIIIè siècle), Louis XI (XVème siècle), Louis XIV (XVIIème siècle) jusqu'à Napoléon 1er (le Concordat), car l'Église s'immisçait dans la politique intérieure des souverains et prétendait avoir un droit de regard sur tout. Certains souverains ont même essayé d'imposer le siège du Vatican à Avignon! Les petits filous! Pour avoir le Pape sous leur botte. C'était bien essayé mais ça n'a pas duré longtemps. Donc la République, troisième du nom en 1905, s'est située en droite ligne de toutes ces monarchies qui luttaient pour l'indépendance du pays par rapport à l'Église, et a dit: stop là, je réduis l'aspect politique des institutions religieuses en vigueur dans mon pays.
Or, cette décision n'a rien à voir avec le concept religieux que nous avons vu plus haut, à savoir: le religieux intime, la conviction, la foi individuelle.
Dans la France de la IIIème République, les athées étaient minoritaires (athéisme=négation absolue de toute transcendance, pas de survie de l'âme après la mort, on est là pour rien etc, etc). L'État envisageait plus de contrôler l'ascendant qu'avait l'Église sur la société, plutôt que de remettre en question le monothéisme en lui-même. Ce n'était certes pas une remise en cause des racines chrétiennes de la France, mais une limitation des pouvoirs d'une institution bien temporelle celle-là avec siège social, fonds, budget, affidés... l'Église catholique!

1905, c'est loin me direz-vous. Certes. N'empêche que cette loi n'a jamais été adaptée au contexte historique qui est le nôtre, celui de 2015, avec la diversité culturelle, la mondialisation, l'essor des techniques de l'information... 1905, c'est la neutralité de l'État par rapport aux questions religieuses, érigée en dogme.

histoire-image.org

... mais 1905, ce n'est pas l'abolition de nos racines


Donc, il ne faut pas confondre la loi de 1905 avec une législation maudite qui voudrait abolir les racines de tout un peuple! Nuance!
Malheureusement, l'histoire récente est riche de régimes qui se sont imposés en détruisant les racines des peuples qu'ils prétendaient asservir:
-tiens, on va commencer par l'Angleterre, pour éviter la référence automatique au communisme et au nazisme: l'Angleterre de Cromwell, XVIIè siècle, a pillé et détruit tant d'églises et d'évêchés... ils avaient déjà commencé sous Henri VIII, vous savez, le roi qui faisait décapiter ses épouses quand il s'en lassait, et qui a décidé de supplanter le pape à la tête de l'Église d'Angleterre, créant ainsi "l'anglicanisme" et ça, c'était au XVIème... ils étaient en avance sur notre temps, ces gens-là...
-et un coup pour les Français: les biens du Clergé déclarés Biens Nationaux sous la Révolution, combien d'églises, de terres, de monastères vendus ou détruits? Des oeuvres d'art perdues à tout jamais? Qui faisaient partie de la mémoire collective? À dégager!
-et les références obligatoires en matière de bulldozers culturels et sociaux: j'ai nommé:
1) la révolution bolchévique en Russie de 1917 à y a pas si longtemps...
2) le nazisme qui faisait de grands autodafés (bûchers) de livres allant à l'encontre de la morale de ce régime, qui pillait, détruisait sur son passage, populations entières, bâtiments, idem des mémoires collectives des peuples asservis...
3) la révolution culturelle en Chine, 1966, détruisant le patrimoine historique, architectural, livresque d'un immense pays rempli d'art et de spiritualité...

Notre loi de 1905 n'a rien à voir avec tout ça! Elle est la marque d'un gouvernement qui voulait être indépendant par rapport à une autorité religieuse disposant d'une influence remarquable sur la population du pays. Elle mérite probablement une bonne modernisation, mais elle n'a pas contribué à nous éloigner de nos racines ni à plonger notre société dans l'absence  actuelle de repères. Il y a quelques pistes de modernisation sur:
-le financement des lieux de culte
-l'obligation de prêcher en français...
entre autres.


Selon Thierry de Montbrial, le malaise de la société française vient de...


Thierry de Montbrial voit deux origines socio-économiques à l'état actuel du pays:
-la mondialisation sauvage qui permet l'interpénétration non contrôlée des populations;

pirmax.fr

-les technologies de l'information, très déstabilisantes: tout se fait sur le registre de l'émotion et de la vitesse. Les TI excitent les réactions instantanées, la raison ne peut plus s'exercer, car, pour raisonner il faut... il faut? (j'attends les réponses, là, magnez-vous, je ne vais pas attendre cent sept ans)
Il faut quoi pour réfléchir?
du TEMPS et du SILENCE!
Or, ces deux éléments fondamentaux n'existent plus dans la vie de beaucoup d'entre nous, du fait de notre rythme de travail (transports etc.), de nos lieux d'habitation (souvent exigus et habitations de masse), mais aussi du fait des technologies de l'information, avec lesquelles il faut réagir immédiatement et fort si on veut EXISTER dans le virtuel! Alors?

Là, j'extrapole la conférence:
C'est ce qu'ils ont fait le 7 janvier à Paris! Ils ont agi vite et fort! Pour frapper l'opinion! Pour faire douter ceux qui doutaient déjà! Pour ajouter encore plus d'indécision et d'incertitude dans une société paumée en quête de repères! Mais ceux qui ont commis ces actes, eux:
-ils ne doutent de rien, ils ont raison;
-ils ont des croyances bien établies;
-ils ont des racines (Islam, Coran, imams, repères sociologiques dans l'Umma ou communauté des croyants musulmans);
-ils ont un dogme et des lois qui leur donnent raison, ce qui revient un peu au point précédent, excusez-moi;
-un avenir idyllique: ils sont morts en héros et seront accueillis au Paradis.
Ils prennent le temps d'aller à la mosquée, d'écouter les prêches de l'imam, de se laisser envoûter, de réfléchir, d'étudier leur livre sacré, de communiquer avec d'autres croyants...

D'où la question: pourquoi pas nous? Pourquoi n'aurions-nous pas, nous aussi, cette force de conviction?
Or, de notre côté:
-nous doutons
-nous n'avons plus de croyances bien établies
-nous nous éloignons de nos racines ou nous les galvaudons,
-nous ne croyons plus en un avenir idyllique (pour ça, je ne peux pas nous donner tort: toutes les idéologies que nous avons suivies pour créer un meilleur avenir mondial ont tourné au cauchemar, sans exception: inquisition, colonisation, voir "le fardeau de l'homme blanc" de Rudyard Kipling, le communisme, le fascisme, la conquête du Nouveau Monde, de l'Australie...)

C'était un article fondé sur une prise de notes lors d'une soirée conviviale à l'IFRI. Qu'on se le dise.

mebahiah42.com